Jurassic Park

Le Dauphiné est un quotidien qui sait par ses titres tenir le lecteur en haleine. Le 12 juin, il évoque des empreintes de dinosaures  trouvées aux environs de Bellegarde dans le parc du Haut-Jura que je dois visiter le lendemain.  Le lendemain, il annonce que deux randonneurs y ont trouvé la mort. Gasp. En lisant l’article (les journaux c’est comme les contrats d’assurance, il faut lire les petites lettres), j’apprends que les malheureux touristes sont décédés suite à une chute dans un ravin et non à cause d’un dinosaure.

Pour achever de me rassurer, un  guide local de moyenne montagne m’informe que les traces du saurien datent de l’ère  jurassique et qu’elles ont été découvertes dans le parc  sur un chemin  il y a une dizaine d’années. « J’y ai même beaucoup roulé en VTT et n’y voyais que des creux et bosses avant que les paléontologues ne les identifient comme des empreintes ». Mon interlocuteur me rappelle par ailleurs que  le dinosaure est un pacifique herbivore qui, de son vivant, n’a jamais poursuivi aucun touriste. Je décide de lui faire confiance. Après tout, il porte des Kalendji made by Decathlon, une marque de chaussettes qui est aux vrais randonneurs ce que la montre Breitling est aux aviateurs. C’est à ce genre de détails que l’on reconnaît les professionnels.

Attention liane fragile

Attention liane fragile

Et au milieu coule la Valserine

Et au milieu coule la Valserine

A la fraîche

A la fraîche

Il Jura d'y revenir

Il Jura d’y revenir

Rassuré, j’emprunte en sa compagnie le chemin longeant la Valserine labellisée rivière sauvage qui se laisse découvrir sur une cinquantaine de kilomètres à pied et en vélo. Le paysage pourrait inspirer bien des réalisateurs de films d’aventures en mal de décor.

Il y a dix ans,  la mairie  a d’ailleurs écrit à Spielberg pour lui signaler la découverte des  empreintes de dinosaure et tout le toutim. Sans doute Les élus espéraient-ils convaincre le réalisateur de venir tourner une suite à Jurassic Park dans un décor grandeur  nature et faire de Bellegarde un nouvel Hollywood. Mais personne n’a su me dire  pourquoi  Spielberg  n’a pas donné suite.

Pour ma part, j’imagine qu’il  a échoué à convaincre les producteurs de faire du crapaud sonneur à ventre jaune, une espèce locale, le nouveau méchant de Jurassic Park.  Dans la préhistoire, l’ancêtre de ce crapaud pesait probablement des tonnes (je n’ai pas vérifié mais à l’époque tout était plus gros). Un crapaud géant qui gobe tout sur son passage, humains comme hélicoptères qu’il chope d’un simple bond, vous imaginez la scène? Ca nous aurait changé du sempiternel tyrannosaure qui ne fait plus peur à personne. Sur grand écran, je peux vous assurer que  le crapaud en taille  XXL a vraiment la gueule de l’emploi pour faire un bon méchant, si vous me permettez l’oxymore. Le seul souci, c’est qu’il a la fâcheuse habitude de  se mettre sur le dos quand on l’importune plutôt que de gober ses agresseurs. Cela pour exhiber sa fameuse couleur jaune qui effraie paraît-il certains rapaces.

Connaissant la rigueur scientifique de Spielberg même quand il s’agit de divertissement, je suppose que le réalisateur américain a été gêné par l’idée de transformer un pacifique crapaud en serial killer.  Mais bon, un batracien géant étendu sur le dos espérant qu’une pale d’hélicoptère vienne lui gratter le ventre, ça cassait l’intensité dramatique. Voilà selon moi la très probable raison pour laquelle Bellegarde n’a jamais reçu de réponse. Pour se consoler de l’absence de tournage, la ville planche sur le projet plus modeste d’un « dinoplagne », baptisé en référence au village de Plagne à côté de Bellegarde où l’on a trouvé les fameuses empreintes. Affaire à suivre.

Triple salto déconseillé

Triple salto déconseillé

Le dernier jour, Annie, la dévouée attachée de presse de l’office du tourisme rhônalpin a mis un spa au programme. Probablement parce qu’elle subodore ma déception de n’avoir pu faire trempette dans une bauge laotienne. Où va t-on exactement?  Aux bains d’Yvonne, crois-je entendre du fond du bus. A ce prénom,  je m’interloque: vais-je subir les battoirs d’une matrone locale élevée au tome du Jura qui, en terme d’apport énergétique, n’a rien à envier à son homologue savoyard?

Arrivé sur place, je réalise ma méprise. Paul Vidart est le véritable fondateur des  thermes de Divonne-les-Bains. Bonne nouvelle, je n’aurai pas à  subir les sévices thérapeutiques d’une quelconque Yvonne parce qu’aucune employée de ce nom n’y travaille. Mauvaise nouvelle, je prends conscience que je suis suffisamment sourd pour confondre Divonne-les-Bains et les Bains d’Yvonne, ce qui fait instantanément tomber mon moral à un niveau plus bas qu’une source souterraine. Rebonne nouvelle, j’apprends que les eaux de cette station thermale soignent justement la déprime et d’une manière générale les troubles psychosomatiques. Sur ce, je pars m’immerger dans la piscine puis au sauna. Enfin une journée réussie…

A manger et à dormir

fromagerie-abbaye.fr

relaisdesmoines.fr

A voir et à faire

monts-jura.com/fr/activites/velo-electrique.html

parc-haut-jura.fr

monts-jura.com/fr/activites/luge-sur-rails.html

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